Pergola végétalisée en bois : l’art des structures autoportantes
Imaginez une structure bois qui se soutient elle-même, sans pilier central, capable de végétaliser n’importe quel espace où planter un arbre serait impossible. Cette prouesse architecturale existe depuis 1508, imaginée par Léonard de Vinci, et revit aujourd’hui grâce à l’entreprise française Sinallagma. Rencontre avec Vincent Bechtel, charpentier formé chez les Compagnons du Devoir, qui réinvente […]
Par CommunicationLe 3 décembre 2025Temps de lecture : 8m21s
Imaginez une structure bois qui se soutient elle-même, sans pilier central, capable de végétaliser n’importe quel espace où planter un arbre serait impossible. Cette prouesse architecturale existe depuis 1508, imaginée par Léonard de Vinci, et revit aujourd’hui grâce à l’entreprise française Sinallagma. Rencontre avec Vincent Bechtel, charpentier formé chez les Compagnons du Devoir, qui réinvente cet héritage pour créer des pergolas végétalisées d’exception.
Créée en 2022, Sinallagma tire son nom du contrat « synallagmatique », un contrat réciproque en droit français. Ce choix n’est pas anodin : il résume parfaitement le principe mécanique qui fonde l’entreprise. Chaque poutre tient sur la suivante autant qu’elle est soutenue par la précédente. Ce système d’équilibre mutuel permet de créer des voûtes autoporteuses sans point d’appui central, offrant une liberté d’aménagement inédite pour les terrasses et espaces extérieurs parisiens.
La mission de Sinallagma est claire : « Embellir en végétalisant le monde par la poésie des structures réciproques biomimétiques. » Une ambition qui rejoint naturellement celle de Terrasse & Jardin de Paris dans sa quête de design végétal durable et esthétique.
La charpente réciproque : un principe inventé par Léonard de Vinci
La charpente réciproque repose sur un principe mécanique aussi élégant qu’ingénieux : chaque poutre tient sur la suivante autant qu’elle est soutenue par la précédente. Ce contrat de réciprocité mécanique permet de créer des voûtes autoporteuses sans point d’appui central, libérant entièrement l’espace au sol.
Vincent Bechtel, fondateur de Sinallagma, explique l’intérêt majeur de cette technique ancestrale : « La forme de la voûte, c’est la forme optimale pour économiser la matière première. On est dans un monde fini, avec un nombre fini de ressources. L’objectif, c’est de les économiser. » Cette philosophie de frugalité s’inscrit parfaitement dans les enjeux contemporains de construction durable.
Ce qui distingue vraiment ces structures, c’est leur méthode d’assemblage traditionnelle. Les charpentiers de Sinallagma utilisent exclusivement des techniques héritées des Compagnons du Devoir : queue d’aronde, tenon et mortaise, embrèvement, enfourchement. Le résultat est spectaculaire : des structures assemblées sans clou, sans colle, sans vis, sans traitement chimique. Pour leur modèle de démonstration, soixante barres composent le dôme, assemblées sur dix sablières, le tout parfaitement stable grâce à la seule réciprocité des forces.
« La forme de la voûte, c’est la forme optimale pour économiser la matière première. On est dans un monde fini, avec un nombre fini de ressources. L’objectif, c’est de les économiser. »
Vincent Bechtel, Fondateur de Sinallagma
Cette approche frugale s’inscrit dans une démarche de design biomimétique, où l’architecture s’inspire des formes naturelles pour optimiser l’utilisation des ressources. La voûte, forme que l’on retrouve dans de nombreuses structures organiques, permet de répartir les charges de manière optimale tout en minimisant la quantité de matière nécessaire. C’est cette intelligence constructive qui fait de la charpente réciproque une solution idéale pour les aménagements de terrasses d’appartement où chaque centimètre compte.
Le châtaignier : un bois naturellement imputrescible pour une pergola durable
Le choix du matériau n’est pas anodin. Sinallagma travaille exclusivement le bois de châtaignier, issu de forêts de Bretagne et de Normandie. Ce bois, utilisé par nos ancêtres depuis des siècles, possède une qualité rare : il est naturellement imputrescible, sans nécessiter aucun traitement chimique.
Cette caractéristique n’est pas une découverte récente. Le châtaignier était traditionnellement utilisé pour les clôtures agricoles, les bardages extérieurs et même les calvaires bretons, certains vieux de plusieurs centaines d’années et jamais repeints. Vincent Bechtel souligne : « On est vraiment sur un matériau qui est intrinsèquement durable. »
L’absence de traitement chimique répond également à une logique environnementale complète. Le bois stocke naturellement du carbone (environ 50% de sa masse). En fin de vie, une structure non traitée peut être remise au sol, permettant au carbone de rester stocké. Un bois traité, en revanche, finit généralement brûlé pour produire de l’énergie, relâchant son carbone dans l’atmosphère.
Vincent Bechtel précise cet enjeu crucial : « Si on travaille sur des solutions pour l’adaptation au changement climatique, il faut aussi se projeter dans le fait que nos solutions ne doivent pas engendrer le problème ou aggraver le problème qu’elles sont censées résoudre. »
Cette approche circulaire fait du châtaignier le matériau idéal pour une pergola à Paris ou en Île-de-France. Le circuit court (bois breton et normand) complète cette logique vertueuse, réduisant l’empreinte carbone liée au transport. Contrairement aux bois exotiques ou aux structures métalliques, le châtaignier local offre une alternative authentiquement durable pour les toits-terrasses comme pour les jardins de ville.
Caractéristique
Châtaignier Sinallagma
Bois traité classique
Origine
Bretagne et Normandie (circuit court)
Souvent importé (Europe de l’Est, Asie)
Traitement
Aucun (naturellement imputrescible)
Autoclave, lasure, fongicide
Durabilité
Plusieurs générations
15-25 ans selon entretien
Fin de vie
Compostable, stockage carbone
Incinération (libération CO2)
Entretien
Patine naturelle, aucun traitement
Lasure tous les 2-3 ans
Empreinte carbone
Très faible
Élevée (transport + traitement)
Pourquoi végétaliser avec une structure autoportante ?
La mission de Sinallagma va au-delà de la simple construction. Vincent Bechtel l’exprime ainsi : « Notre mission, c’est d’embellir en végétalisant le monde par la poésie des structures réciproques biomimétiques. »
L’enjeu est concret : lutter contre les îlots de chaleur urbains, créer du lien social et ramener de la biodiversité en ville. Les structures réciproques permettent de végétaliser des espaces où planter des arbres est impossible : cours d’immeubles, toits-terrasses, patios exigus.
Analyse thermique de la structure Sinallagma avec un point de mesure autour de 22°C
Une pergola végétalisée traditionnelle nécessite des points d’appui réguliers qui limitent l’aménagement de l’espace. La structure autoportante libère le sol, offrant une canopée végétale continue sous laquelle l’espace reste entièrement modulable. C’est cette liberté qui séduit particulièrement pour l’aménagement de terrasses d’appartement ou les balcons parisiens.
La végétalisation par structures réciproques présente plusieurs avantages spécifiques en milieu urbain. D’abord, la portée libre importante (jusqu’à 7 mètres et plus) permet de couvrir des espaces entiers sans multiplier les points d’appui au sol. Ensuite, la forme en dôme ou en voûte crée naturellement un volume propice à l’installation de plantes grimpantes qui formeront progressivement une canopée dense. Enfin, l’absence de traitement chimique du bois garantit un environnement sain pour le développement végétal.
Critère
Pergola classique
Structure réciproque
Points d’appui
Multiples au sol
Périphériques uniquement
Portée libre
Limitée (3-4m)
Importante (jusqu’à 7m+)
Assemblage
Visserie/boulonnerie
Traditionnel (sans métal)
Traitement bois
Généralement requis
Non nécessaire (châtaignier)
Fin de vie
Difficile à recycler
Compostable/stockage carbone
Végétalisation
Linéaire
En canopée complète
Esthétique
Standard
Unique, inspirée Léonard de Vinci
Entretien
Régulier (lasure, traitement)
Minimal (patine naturelle)
Un savoir-faire artisanal d’exception
Vincent Bechtel a été formé chez les Compagnons du Devoir à Rennes, institution qui perpétue depuis des siècles les techniques traditionnelles de charpenterie. Cette formation exigeante se retrouve dans chaque assemblage réalisé par Sinallagma.
Les techniques utilisées portent des noms évocateurs : queue d’aronde, tenon et mortaise, embrèvement, enfourchement. Chacune répond à des contraintes mécaniques spécifiques et permet d’assembler les pièces de bois sans aucun élément métallique. « On utilise toutes ces techniques qui nous permettent de travailler sans clou, sans colle, sans vis, sans traitement chimique, sans plastique, rien du tout », explique Vincent Bechtel.
Cette philosophie artisanale ne se limite pas à l’assemblage. Elle guide également le choix des essences, l’approvisionnement en circuit court, et la conception même des structures. Chaque projet est pensé comme un tout cohérent, de la forêt bretonne jusqu’à l’installation finale sur votre terrasse.
Le travail de Sinallagma s’inscrit dans la même exigence d’excellence que celle du bureau d’études de Terrasse & Jardin de Paris : un savoir-faire transmis, une attention au détail et une compréhension profonde des matériaux naturels.
Le projet Voltige : quand la charpente devient œuvre d’art
Sinallagma a lancé Voltige, une marque dédiée au segment du luxe pour les espaces privés. Ce projet réunit quatre maisons d’art françaises dans une collaboration inédite qui repousse les limites du design végétal.
Sinallagma apporte son expertise en charpentes réciproques et utilise des bois issus de forêts immergées de France. La Maison Halo, fondée en 1812, est l’une des plus grandes maisons d’ébénisterie d’art de France. La Société Gorioux, spécialiste du matelotage, travaille sur les plus beaux voiliers du monde et crée les cordages en lin qui suspendent la nacelle. Enfin, le Studio Music Kazoart combine lutherie et composition musicale.
Le résultat est une nacelle suspendue par cinq points d’ancrage, véritable instrument de musique sur lequel on peut s’allonger. Vincent Bechtel décrit cette expérience unique : « Il faut imaginer qu’on se couche sur un piano à queue, qu’on fait vibrer. On est sous une canopée végétale, sous une charpente qui a été imaginée par Léonard de Vinci, avec les bois les plus somptueux du monde. »
« Il faut imaginer qu’on se couche sur un piano à queue, qu’on fait vibrer. On est sous une canopée végétale, sous une charpente qui a été imaginée par Léonard de Vinci, avec les bois les plus somptueux du monde. »
Vincent Bechtel
Cette nacelle intègre cinq tables d’harmonie dont les cordes vibrent grâce à des systèmes électromagnétiques. Des transducteurs font résonner l’ensemble de la structure en bois, créant une expérience immersive complète.
L’innovation va plus loin avec l’intégration de la bioacoustique végétale : les signaux vitaux des plantes environnantes sont captés et intégrés au système électronique, faisant varier la musique en fonction des pulsations du vivant. « On va pouvoir ressentir les pulsations de notre environnement et du vivant qui nous entoure. Et ça, personne ne le fait », souligne Vincent Bechtel.
Ce prototype de sept mètres de diamètre sera présenté en première mondiale au Grand Palais à Paris, fin février 2026, lors du Forum International Bois Construction. Un événement qui consacrera la rencontre entre l’héritage de Léonard de Vinci et l’innovation contemporaine au service de la végétalisation.
Applications concrètes pour les espaces extérieurs parisiens
Les structures réciproques de Sinallagma s’adaptent à de nombreuses configurations d’espaces extérieurs en Île-de-France :
Cours d’immeubles : Les cours intérieures parisiennes, souvent minérales et sombres, peuvent être transformées en véritables jardins grâce à une structure autoportante végétalisée. La voûte crée un espace ombragé sans obstruer la lumière pour les étages supérieurs.
Toits-terrasses : Sur un toit-terrasse, la structure réciproque offre une protection solaire naturelle tout en préservant la charge au sol grâce à sa légèreté. L’aménagement de rooftop devient ainsi possible même sur des structures anciennes.
Jardins privatifs : Pour les jardins de ville ou d’hôtels particuliers, la charpente réciproque apporte une dimension architecturale unique, visible dans nos réalisations avant-après.
Terrasses d’entreprise : Dans un contexte professionnel, ces structures créent des espaces de pause végétalisés propices au bien-être des collaborateurs.
Sinallagma et Terrasse et Jardin de Paris : un partenariat naturel
La philosophie de Sinallagma rejoint celle de Terrasse et Jardin de Paris : concevoir des aménagements extérieurs durables, esthétiques et respectueux de l’environnement. Cette convergence de valeurs a conduit à un partenariat permettant de proposer des structures réciproques dans les projets d’architecture paysagère.
Que ce soit pour une terrasse nécessitant une protection solaire végétalisée, un jardin cherchant une canopée légère, ou un balcon optimisé, les charpentes réciproques en châtaignier offrent une réponse à la fois technique et poétique.
Notre équipe de paysagistes à Paris accompagne chaque projet de A à Z, de la conception à la réalisation. Notre bureau d’étude peut intégrer une structure Sinallagma dans votre projet d’aménagement paysager, en tenant compte des contraintes techniques spécifiques à votre espace.
Terrasse & Jardin de Paris vous accompagne dans la conception paysagère sur mesure de votre espace extérieur à Paris et en Île-de-France. Contactez-nous pour découvrir comment les structures réciproques de Sinallagma peuvent transformer votre projet en œuvre végétale d’exception.